Le châssis est voilé. La toile originale et la toile de rentoilage ont eu un comportement dissocié lors des variations hygrométriques environnementales. Ceci a provoqué un phénomène de cisaillement à l'interface des deux toiles qui s'est traduit par un défaut d'adhérence et certainement un soulèvement des mastics.
Châssis revers, avant restauration
(Photos : Odile Guillon, CICRP)
Pour que la toile originale s'acclimate aux conditions environnementales sans qu'aucune tension ne s'exerce sur son revers, il est important de l'assainir en la dégageant de la toile de rentoilage et de son adhésif.
A gauche : Pose de papier Japon sur la face du tableau pour la protéger.
A droite : Revers du tableau après dépose du châssis et dépoussiérage
(Photos : Aurélia Chevalier-Menu)
Ces opérations sont pratiquées sur une table à basse pression. L'aspiration de la table permet de sécuriser la toile originale. Le revers est humidifié pour un décollement progressif de la toile de rentoilage. Les résidus de colle sont extraits à la compresse pour la colle de pâte et au scalpel après solubilisation à l'acétone pour l'acétate de polyvinyle.
A gauche : Assainissement du revers, morceaux de la toile de rentoilage après sa dépose.
Au centre : Résidus de colle synthétique
A droite : Après élimination de la colle
(Photos : Aurélia Chevalier-Menu)
Pose de bandes de tension
(Photo : Odile Guillon, C.I.C.R.P.)
Châssis revers, après restauration
(Photo : Odile Guillon, C.I.C.R.P.)
La toile ayant été coupée au ras du châssis de l'oeuvre dans les années 60, le remontage sur le nouveau châssis nécessite la pose de bandes de tension pour remplacer les bords coupés.
Une toile de "doublage aveugle" est montée avec la toile originale sur le nouveau châssis. Cette toile qui n'adhère pas au revers de la toile originale a pour fonction de la protéger tout en la soulageant des tensions par accroche mécanique. Les bords de l'oeuvre sont protégés par du papier kraft et les étiquettes de l'ancien châssis transférées sur le nouveau.
Intervention sur le support toile réalisée par Aurélia Chevalier-Menu, restauratrice.
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