Auteur de cette fiche :
Fabien Fohrer (entomologiste et microbiologiste).
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Sommaire :
Lors d'un début d'infestation au sein des collections, il est souvent très important de connaître le ou les insectes en présence afin de mettre en place les traitements adéquates et les méthodes de prévention s'y afférant.
Pour ces raisons, les gestionnaires de collection sont amenés à faire identifier ces insectes par des laboratoires spécialisés tels que les Muséum, les INRA, les facultés ou certains laboratoires plus spécialisés dans le domaine des insectes rencontrés dans les collections patrimoniales tel que le CICRP.
Pour réaliser des identifications fiables, les spécimens d'insectes récoltés doivent être en parfait état de conservation (les pattes et les antennes, appendice très fragiles, sont souvent indispensables pour réaliser une identification jusqu'a l'espèce) et donc cette note est destinée à préciser les précautions à prendre pour la capture, le conditionnement et l'expédition de ces derniers.
Rappelons que seuls sont identifiables au niveau de l'espèce les insectes au stade adulte (imago). Les larves et nymphes ne peuvent, en grande majorité, pas être déterminées à cet échelon.
Les insectes peuvent être prélevés :
Il est impératif de ne pas envoyer d'échantillons vivants dans un récipient clos. L'expérience prouve qu'ils ne survivent pas au voyage et se décomposent, cette évolution les rendant impropres à la détermination.
Le moyen le plus sûr pour récolter des insectes vivants, est d'utiliser un aspirateur à bouche muni d'un récipient (ici un tube) que l'on peut boucher (voir figure 1 : aspirateur à bouche et tube).

Lorsque l'on ne possède pas ce type d'équipement, que l'on peut d'ailleurs fabriquer soi-même ou acheter dans des magasins spécialisés, on peut prélever les insectes vivants de la manière suivante :

Afin de conserver au mieux les insectes prélevés vivants on pourra suivre les indications suivantes :

Des tubes de prélèvement peuvent être adressés sur demande.
Les insectes prélevés pourront être placés soit :
Les insectes adultes morts sont très fragiles et bien souvent leurs appendices (antennes et pattes principalement) se cassent lors des manipulations pendant le prélèvement. Ces appendices sont très souvent indispensables afin de réaliser une identification jusqu'à l'espèce
Afin de récupérer en bon état les insectes morts, on utilise généralement une pince fine et souple qui se pli sur l'insecte plutôt que de plier l'insecte et le fragmenter (voir figure 4).

Si l'on ne possède pas ce type de matériel, on peut utiliser un pinceau (ou une fine tige) et une feuille de papier sur laquelle on fait glisser l'insecte mort (voir figure 5) que l'on place ensuite sur le coton de la boite de prélèvement.

Les insectes seront maintenus entre la couche de coton et le couvercle de la boîte sans qu'ils puissent bouger et sans être trop écrasés (voir figure 6).

En aucun cas, il ne faut placer les insectes entre deux couches de coton, car ils sont débités en morceaux lorsqu'on sépare les deux couches pour les en extraire. De même, il ne faut jamais laisser les spécimens, qu'ils soient partiellement ou entièrement desséchés, dans un récipient hermétiquement clos, car ils pourrissent très rapidement.
Les insectes de petite taille (moins de 5 mm) peuvent néanmoins être conservés sur mini-couche de coton incluse dans une boîte plastique. On utilisera avec avantage les boîtes 36 x 23 x 6 mm qui peuvent être adressées sur demande (voir figure 7).

Une couche de coton peut être très facilement réalisée (voir figure 8) à l'aide des éléments suivants :

L'expédition des insectes préparés sur couches ou en tubes d'alcool, doit se faire dans un emballage de plus grande taille que la boîte les renfermant. On enveloppera celle-ci d'un enrobage fait de paille en frisons, de coton ou de petits morceaux de polystyrène. Les tubes contenant les insectes conservés en alcool seront soigneusement calés avec du coton, ils ne doivent ni bouger, ni se toucher. Le non-respect de ces prescriptions impératives expose les échantillons à des risques importants de destruction lors du voyage.
Pour l'achat de matériel d'entomologie on pourra se reporter au document suivant :
MARTINEZ M., DOMMANGET J.-L., Adresses utiles à l'entomologiste, Office pour les insectes et leur environnement (O.P.I.E.), 2002, 96 pages.
Ce document a été réalisé à partir de la fiche technique conçue par messieurs G. Delvare, H.-P. Aberlenc du Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (C.I.R.A.D.) de Montpellier.
Je tiens également à remercier monsieur M. Martinez de l'INRA de Montpellier pour ses conseils avisés dans l'élaboration de cette fiche.